Quand l’animation se conjugue au passé

En France, des pionniers à nos jours, l’animation a toujours été un travail d’artisans. Encore aujourd’hui, en marge des blockbusters vendus à grands coups de publicités, des créateurs se tournent vers le passé pour puiser leur inspiration et leur créativité.

Connu pour ses Triplettes de Belleville, Sylvain Chomet s’est approprié un scénario inachevé de Jacques Tati pour construire un film tout entier tourné vers les jours d’antan. Hommage au grand réalisateur/acteur français, L’illusionniste prend le pari d’une animation en 2D pour une histoire racontée quasiment sans dialogue. On retrouve effectivement ici toute la magie et le burlesque poétique qui ont fait le succès du grand Jacques. Mais au-delà de l’emballage et des références aux jours d’hier, le réalisateur pose un regard amer et nostalgique sur l’évolution du monde du spectacle

Pour sa part, Michel Ocelot, dont la renommée va grandissante depuis son fameux Kirikou, retrouve son théâtre d’ombres (inspiré par le travail de Lotte Reiniger) pour nous narrer une succession de contes traditionnels du monde entier. Il y traite de thématiques rarement mise en avant dans le cinéma d’animation moderne et pourtant très présentes dans les contes de jadis comme la mort. S’il a eu recourt à l’informatique – notamment pour le rendu en 3D – jamais il ne trahit l’esprit qui a fait le charme de son œuvre antérieure.

 Ces deux exemples récents, démontrent que tradition et modernité sont loin d’être inconciliables et que, au contraire, l’un ne peut se concevoir sans l’autre. Si les technologies modernes apportent inévitablement au genre un souffle nouveau et – parfois – de nouveaux élans créatifs, elles ne restent jamais qu’un outil qui doit pouvoir se mettre au service d’un projet global. Pour ce faire, forme et fond doivent se fondre dans une même perspective afin de ne pas se nuire mutuellement.

Sylvain Chomet : « Les triplettes de Belleville » (Cinéart, 2003). VT6288 (dès 10 ans)

Sylvain Chomet : « L’illusionniste » (Paradiso, 2010). VI0267 (dès 10 ans)

Michel Ocelot : « Les contes de la nuit » (Cinéart, 2011). VC1539 (dès 6 ans)

Lotte Reiniger : « Les aventures du Prince Ahmed » (Carlotta, 1926). VA8718 (dès 4 ans) 

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