Henry SELICK : « Coraline »

coraline_dvdCoraline Jones emménage dans une nouvelle maison avec ses parents obnubilés par leur travail à domicile. Derrière une porte secrète, elle découvre un tunnel qui va l’amener dans une autre maison où vivent des parents qui ressemblent aux siens mais « en mieux ». Là, tout est magique, féerique. Ses autres parents sont souriants et toujours aux petits soins avec elle. Une chose étrange pourtant : ils ont des boutons cousus à la place des yeux. Ce monde parallèle fascine la fillette jusqu’au jour où sa fausse mère se met en colère…

 Connu pour avoir réalisé L’Etrange Noël de M. Jack de Tim Burton, Henry Selick adapte Coraline, le best-seller pour enfants de Neil Gaiman, en un film de marionnettes animées. La présence de réalité-alternative en miroir fait bien sûr penser à Alice au pays des merveilles. Comme Alice, Coraline est confrontée à une série d’incertitudes et de frustrations. Intérieurement, les questions qui la taraudent pourraient se résumer à celles-ci : « est-ce que l’herbe est plus verte chez le voisin ? », « peut-on changer de parents ? ». Au départ, on peut penser qu’elle invente ce monde pour tuer son ennui. Mais, le film vire au fantastique quand l’aventure dépasse les fantasmes de la fillette, pour devenir un véritable cauchemar qui s’avère, au bout du compte, un voyage initiatique des plus troublants.

 Avec un sens extrême du détail, Selick et son équipe ont accompli un travail de titan. Coraline, par exemple, est la première marionnette à avoir une garde-robes aussi vaste dont chacune des neuf tenues a été cousue avec du matériel à son échelle. Au niveau des décors, Selick s’est écarté des animations américaines classiques s’inspirant, pour le monde réel, des dessins aux couleurs délicates du japonais Tadahiro Uesugi, l’autre monde resplendissant de tons presque criards. Pour ce tournage, il a fallu un bataillon d’animateurs chevronnés qui se sont amusés à réaliser presque tous les effets spéciaux sur le plateau. La grande réussite de Coraline se situe dans cette osmose entre la qualité des dialogues, l’inventivité de l’animation et la création d’une galerie de personnages inoubliables comme l’acrobate Camarade Bobinski ou Pasd’bol créé par Selick pour donner la réplique à Coraline. Il faut savoir que ce film est un thriller pour enfants où rien n’est édulcoré. À voir donc en compagnie d’un grand pour dédramatiser certaines scènes. Ceci dit, Coraline est le genre de films qui hantent et que les enfants auront envie de revoir adulte.

Henry Selick : « Coraline »

(Studio Canal, 2009)

VC0935

Dès 8 ans

2 réflexions sur “Henry SELICK : « Coraline »

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