Mathias MALZIEU et Stéphane BERLA : « Jack et la mécanique du coeur »

Jack_mécaniqueNé « le jour le plus froid du monde » avec le cœur gelé, Jack ne doit son salut qu’au docteur Madeleine, une sage-femme un peu sorcière, qui, pour le sauver, lui greffe une horloge à la place du cœur. Mais cette opération de fortune lui interdit toute émotion forte… dont l’amour.

A l’origine, « La mécanique du cœur » est le troisième livre de Mathias Malzieu qui inspirera par la suite au groupe Dionysos (dont Malzieu est le chanteur) l’album du même nom. Co-réalisé par l’auteur et Stéphane Berla, « Jack et la mécanique du cœur » exhibe une animation en images de synthèse fluide et travaillée. Les personnages filiformes évoluent dans un cadre gothique à la fois riche et mystérieux qui n’est pas sans rappeler l’univers décalé et sombre de Tim Burton. Ce film d’animation musical fait par ailleurs la part belle aux références – cinématographiques – avec, au hasard, des clins d’œil au cinéma de Disney, Méliès (d’ailleurs présent dans le film et doublé par Jean Rochefort) ou aux films fantastiques des premiers temps.

Le thème principal développé ici est bien évidemment la découverte de l’amour et de tout ce qui en découle (jalousie, rivalité,…). Si l’on ajoute à cette donnée un univers visuel assez inquiétant et des situations « difficiles » (abandon d’un enfant, peur, douleur physique) assez nombreuses ce « Jack » n’est pas à conseiller aux enfants de moins de 8 ans. En outre, la construction scénaristique où les ellipses sont fréquentes ne rend pas la compréhension de l’histoire aisée. Mais ceux qui auraient eu la chance d’écouter le CD avant le film pourront sans doute se raccrocher aux chansons pour se recréer un récit. Pour les autres, les orientations rock/pop majoritaires des orchestrations sembleront peut-être un peu en décalage le rendu visuel du film.

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Le choix des doubleurs est quant à lui judicieux avec notamment Olivia Ruiz dans le rôle de Miss Acacia qui semble avoir été écrit pour elle. Notons encore la présence posthume d’Alain Bashung en Jack l’éventreur ou de Grand Corps Malade en rival amoureux.

Vous l’aurez compris, « Jack et la mécanique du cœur » s’avère un film assez riche tant visuellement que pour ce qui est du contenu et pourra donc apparaître comme déroutant pour les plus jeunes. Véritable ode à la magie du cinéma, il dégage un flot continu d’émotions variées et une poésie qui n’appartient qu’à lui.

Mathias Malzieu et Stéphane Berla : « Jack et la mécanique du cœur » 

(U Media, 2014)

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Dès 8 ans

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