Jacques-Rémy GIRERD et Benoît CHIEUX : « Tante Hilda ! »

vt0729Tante Hilda, amoureuse de la nature, conserve dans son musée végétal des milliers de plantes du monde entier. Beaucoup sont en voie de disparition. Parallèlement, une nouvelle céréale, Attilem, mise au point par des industriels, se cultive avec si peu d’eau, sans engrais, et produit des rendements si prodigieux, qu’elle apparaît comme la solution miracle pour enrayer la faim dans le monde et prendre le relais du pétrole dont les réserves s’épuisent. Mais la catastrophe n’est pas loin…

Sept années se sont écoulées depuis le dernier film de Jacques-Rémy Girerd (Mia et le Migou) et quatre depuis le dernier long métrage des studios Folimage qu’il a créés voici plus de trente ans. Ces délais significatifs traduisent la volonté de se focaliser sur la qualité plutôt que sur la quantité. Et cette Tante Hilda ! en est la démonstration même. Réalisé à l’ancienne (comprenez entièrement dessiné à la main), le film affiche l’intérêt de son réalisateur (épaulé ici par Benoît Chieux qui fut notamment scénariste de Mia et le Migou) pour les thèmes de la nature et de l’environnement. En effet, dans la Prophétie des grenouilles (2001) déjà transparaissent les préoccupations de Girerd pour l’équilibre naturel et la place consacrée à chaque individu. Cette production reste dans la même lignée et c’est ici la culture des OGM qui est pointée du doigt.

tante-hilda-1

Mais cette fable écologique se veut moins manichéenne que ce à quoi qu’on aurait pu s’attendre. Et ce même si elle n’est pas exempte d’un certain didactisme qui tempérera peut-être l’enthousiasme des parents. Une fois encore cette production Folimage s’écarte des standards graphiques traditionnels et nous propose un rendu visuel coloré et décalé où les coups de crayons sont bien visibles. Dans cet aspect volontairement rétro, on peut percevoir l’influence de l’impressionnisme (Claude Monet en tête) et Benoît Chieux reconnait volontiers des « emprunts » aux illustrateurs anglais des années 1950-1960.

Pour ce qui sera sans doute sa dernière réalisation, Jacques-Rémy Girerd nous sert une petite fantaisie qui navigue entre réalisme et poésie avec juste ce qu’il faut d’humour et de tendresse. Cet ultime long métrage pour enfants (sans enfants dedans, une première) laisse la porte ouverte à la discussion et ne se contente pas d’asséner un propos en évitant la réflexion.

Jacques-Rémy Girerd et Benoît Chieux : « Tante Hilda ! »

(M6, 2013)

VT0729

Dès 6 ans

Une réflexion sur “Jacques-Rémy GIRERD et Benoît CHIEUX : « Tante Hilda ! »

  1. Pingback: DIVERS REALISATEURS : « Neige et les arbres magiques » | Pic-Sons

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s