Julien BAER: « Milanimo »

milanimoJulien Baer a toujours chanté de manière nonchalante, du bout des lèvres, comme le font les chanteurs de bossa nova. Alors, c’est mou oui, mais c’est aussi délicat, plein de douceur et de couleurs kaléidoscopiques comme un rêve de papillon pris dans un doux filet de voix !

Milanimo est la première incursion dans la sphère jeune public pour Julien Baer qui s’est acoquiné, pour réaliser les illustrations de ce superbe livre-disque, avec Philippe Katerine. Qui se ressemble s’assemble ! Avant de devenir le comique-trublion que l’on connaît, monseigneur Katerine n’affirmait-il pas lui aussi un goût prononcé pour la nonchalance, la bossa nova et les parfums psychédéliques.

Bref, finies les présentations…

Tout d’abord, c’est la longue frise mettant en scène mille animaux dessinée par Katerine au feutre fin qui retient l’attention ! Le bougre ne suce pas que son crayon, il sait en jouer et possède même une véritable patte ! On se retrouve instantanément dans un jardin d’éden aux couleurs pastelles et aux proportions volontairement pas respectées. Ce qui est étrange, c’est que ces animaux semblent nous regarder comme si c’était nous qui étions l’attraction ! Il y a même un tapir volant, des crapauds roses géants qui se reproduisent et des coccinelles transportant sur leurs dos ailés un dodo obèse ! Bref, un bestiaire paradisiaque qui ne peut faire que rêver pleinement petits et grands !

Milanimo extrait frise

Côté musique, la palette est moins copieuse mais tout aussi appétissante ! En effet, Julien Baer, après l’entêtant « Milanimo », un des plus beaux hymnes subtils aux bêtes de toutes espèces jamais écrit, nous prévient : « Bon, je ne vais pas te parler de tous ces animaux, ça prendrait trop de temps » ! Il se concentre sur quelques spécimens attachants : une tortue qui aime les cocktails compliqués mais sait aussi s’arrêter à temps, un toucan savant, un tamanoir rose qui voit la vie en noir et qui comprend les enfants tristes, 600 poulets contents qui ont envahi les rues, une girafe qui est partie et qui malheureusement ne reviendra plus. Le chanteur, l’air de rien, fait aussi passer des messages : Il ne faut pas acheter un animal comme ça/On ne sait jamais s’il est d’accord ou non (« Trafic d’animaux »). Enfin, il chante les petites piqûres/griffures (« Piqué par une guêpe ») et les coups de déprime (« Le tamanoir aussi ») des bambins avec beaucoup de justesse.

Milanimo Tamanoir

Dans son ensemble, on tient là un objet diablement cohérent : une véritable osmose entre la conception graphique, les illustrations et les chansons (la manière d’interpréter ces chansons aussi). Et puis, un des grands mérites de Julien Baer, c’est de ne jamais verser dans la chanson racoleuse et faussement guillerette. La classe, quoi !

A écouter mille fois pour s’apaiser et pour la beauté du rêve.

Julien Baer : « Milanimo »

Illustrations de Philippe Katerine

(Actes Sud Junior, 2013)

LI0790

Dès 2 ans

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