DIVERS RÉALISATEURS : « La flûte et le grelot »

flutegrelotCeux qui pensaient que le cinéma d’animation est un art mineur risquent bien de revoir leur copie. Les Films du Paradoxe ont en effet l’excellente idée d’éditer deux chefs-d’oeuvre (n’ayons pas peur des mots) de l’animation chinoise. La caractéristique propre à ces deux courts métrages est la technique d’animation utilisée : le lavis animé. Cette transposition animée – et colorisée – de la peinture traditionnelle chinoise demande en effet un savoir-faire unique gardé secret par les Studios d’Art de Shanghaï. Le maître fondateur de ce « style », Te Wei, demeure à ce jour une figure remarquable et respectée de l’animation mondiale.

C’est d’ailleurs sur l’une de ses œuvres (« La flûte du bouvier », coréalisée avec Quin Jiajun en 1963) que s’ouvre ce programme. On retrouve dans cette fable inspirée des peintures de Li Keran (célèbre peintre chinois du début du XXème siècle) toute l’influence de la culture chinoise : les références picturales, musicales, populaires. Le cinéma d’animation en Chine a la particularité d’avoir, dès les années 1950, cherché à se démarquer des modèles mondialement connus pour affirmer l’originalité de leur héritage culturel. Ces mêmes influences sont également perceptibles dans le second métrage (« Le grelot du faon », 1982) également adaptée d’une oeuvre picturale.

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Tout en délicatesse et en poésie ces deux contes font montre de qualités visuelles aussi originales que spectaculaires. On remarquera par exemple les variations de prises de vues qui induisent certains effets que les seuls dessins ne pourraient rendre. L’aspect volontairement flou des dessins tranche par grelotailleurs avec le dessin occidental qui nous est plus familier où les contours sont plus nets. Mais cette technique demande une dextérité exceptionnelle puisque, contrairement aux dessins animés « classiques », les peintures chinoises ne peuvent se faire sur du celluloïd (support employé pour faciliter la décomposition des mouvements des personnages). C’est donc du papier traditionnel qui est utilisé ici, rendant la manipulation plus précise encore.

À ces deux petites merveilles animées sans parole, Les Films du Paradoxe ont eu la gentillesse d’ajouter un court métrage bonus : « Les petites carpes » (He Yumen, 1958). Plus classique dans son approche formelle, ce petit film par ailleurs enjoué et très réussi est quant à lui proposé dans une version originale sous-titrée.

Divers réalisateurs : « La flûte et le grelot »

(Les Films du Paradoxe, 2014)

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Dès 7 ans

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