Rémi CHAYÉ : « Tout en haut du monde »

1882, Saint-Pétersbourg. Sacha, jeune fille de l’aristocratie russe, a toujours été fascinée par la vie d’aventure de son grand-père, Oloukine. Explorateur renommé, concepteur d’un magnifique navire, le Davaï, il n’est jamais revenu de sa dernière expédition à la conquête du Pôle Nord. Sacha décide de partir vers le Grand Nord, sur la piste de son grand-père pour retrouver le fameux navire.

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Quelle merveille que ce dessin animé franco-danois réalisé par Rémi Chayé (réalisateur du Tableau de Jean-François Laguionie, et de Brendan et le secret de Kells de Tomm Moore et Nora Twomey) qui possède vraiment de grandes qualités !

Une mise en images épurée toute en aplats de couleurs quelque peu saturées dans le style des affiches des compagnies ferroviaires américaines des années 40. Un visuel qui fait penser aussi à André Derain, ou Nicolas de Staël. Un travail graphique réalisé entièrement sur ordinateur à couper le souffle qui rend les personnages très attachants et nous fait voyager dans des paysages d’une beauté vertigineuse.

Un récit d’aventures (inspiré du naufrage de l’Endurance, navire d’Ernest Shackelton, lors de son expédition en Antarctique, en 1915) qui fait rêver mais n’édulcore jamais le propos, de nombreuses scènes (éboulements de glaciers, déchirements de la banquise, blizzard aveuglant, …) montrant vraiment que ces expéditions dans le Grand Nord n’ont rien d’une partie de plaisir.

Et puis, surtout, on assiste à la métamorphose d’une jeune fille qui a toujours eu la vie facile, grandissant au milieu des mondanités et des richesses, et qui, par amour et fascination pour son grand-père, se lance à fond dans la grande aventure. Sacha n’a vraiment pas froid aux yeux et possède une grande capacité d’adaptation. Elle réussit à se sortir de l’enfant gâté que son milieu a fait d’elle, notamment en travaillant dur comme serveuse dans la taverne du port en attendant le retour du bateau qui la mènera sur les traces du Davaï. Et c’est sans doute là le plus beau message du film : pour évoluer de manière digne dans ce monde, il faut s’ouvrir aux autres et s’adapter aux situations difficiles, sans jamais se croire au-dessus de la mêlée.

On apprécie aussi les moments de calme (avant la tempête !) et le rythme pas trop enlevé de ce film qui nous propose une pause dans nos vies frénétiques où l’on a perdu l’habitude de devoir attendre.

Côté musique, Rémi Chayé a fait appel à Jonathan Morali du groupe Syd Matters qui habille avec brio de son univers folk pop planant les moments importants du film.

Ne passez pas à côté de ce chef d’œuvre dont l’héroïne est une reine des neiges courageuse bien plus authentique qu’Elsa, la célèbre poupée formatée des Studios Disney !

Rémi Chayé : « Tout en haut du monde »

(Diaphana Edition Video, 2016)

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Dès 6 ans

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