Oren LAVIE et Wolf ERLBRUCH : « L’ours qui n’était pas là »

Ours 1Un beau jour une grattouille grandissante donne naissance à un ours qui transpire la joie de vivre. Cet ours se découvre une poche au fond de laquelle il trouve un morceau de papier qui pose la question : « Es-tu bien moi ? » et donne trois indices : « 1. Je suis un ours très gentil ; 2. Je suis un ours heureux ; 3. Et en plus, très beau ». L’ours s’enfonce dans la forêt merveilleuse impatient de vivre sa quête existentielle. Il y fera des rencontres très intéressantes avec la Vache Complaisante, le Lézard Paresseux, le Pingouin Pénultième et la Tortue-Taxi. Des personnages inattendus avec lesquels notre ami aura de belles discussions philosophiques et complètement loufoques.

« L’ours qui n’était pas là » est le premier livre d’Oren Lavie, talentueux touche-à-tout israélien qui est plus connu en tant que musicien, chanteur (voir Did You Really Say No, son duo avec Vanessa Paradis), metteur en scène et réalisateur de clips. Derrière cette histoire qui parlera autant aux enfants qu’aux adultes, derrière les réactions et les répliques pleines de nonsense des personnages, on sent qu’Oren Lavie veut transmettre sa conception du bonheur ainsi que son besoin de sortir des perceptions du monde formatées. Il y a une vraie intelligence dans le discours de ce livre et une poésie à fleur de peau qui aime jouer avec les mots et les concepts. L’ours, par exemple, se donne le droit de compter les fleurs de la sorte : « une fleur… deux fleurs… fleurs rouges… fleurs bleues… grandes fleurs… et… belles fleurs ». Ce qui a le don d’énerver terriblement le Pingouin Pénultième.

Ours 2On retrouve cette philosophie, cette poésie, cette liberté à chaque page merveilleusement illustrées par, j’ose le dire, le ‘génial’ Wolf Erlbruch. Souvenez-vous des dessins inoubliables de « Les cinq affreux », de « De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête », ou encore de « Olek a tué un ours », pour n’en citer que trois parmi tant d’autres… Erlbruch a su donner encore une fois à ses personnages une grâce (une bonté, une beauté) qui côtoie la fantaisie, l’étrange et l’insolite avec un naturel grisant. Quant à la flore (les arbres, la forêt, les plantes), même si elle devient de plus en plus foisonnante au fil des pages, elle respire devant nos yeux comme des estampes japonaises. Tous ces éléments visuels  sont un plaisir rare pour les yeux qui achève de faire de ce grand livre dont le papier est magnifique une véritable œuvre d’art.

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Ceci dit, au-delà d’une esthétique hors-du-commun et d’une histoire touchante et joliment déroutante, Oren Lavie et Wolf Erlbruch, sans l’air d’y toucher, abordent une question complexe et pourtant essentielle liée à l’enfance, mais aussi finalement à tous les âges de la vie : qui sommes-nous, est-ce qu’on se connaît vraiment ?

Un livre incontournable à se procurer de toute urgence, à lire (pour soi, pour le faire découvrir à des enfants), à dévorer des yeux, à partager tout azimut.

Oren Lavie (auteur) et Wolf Erlbruch (illustrateur) : « L’ours qui n’était pas là »

La Joie de lire, 2015

Dès 6 ans

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